07/06/2008

Exposition à Mougins

Du 12 juin au 14 septembre 2008.
Espace Culturel: Place du Commandant Lamy 06250 Mougins
Informations: Tél : 04 92 92 50 42
Horaires: Du lundi au vendredi de 9h à 17h, week-end et jours fériés de 11h à 18h
Prix d’entrée: Entrée libre
Commissariat: Martine Giraudo
Contact Presse: Service culturel, culture@villedemougins.com Tél. 04.92.92.50.42

Interno della mostra a Mougins, juin 2008.


Né en 1951 à Levico Terme, région du Trentin-Haut-Adige, Bruno Lucchi est un artiste discret et déterminé dont l’univers créatif a suivi une évolution dans la constance et la réflexion. Ses recherches sont particulièrement centrées sur l’imaginaire de la culture méditerranéenne. Créateur très actif, Bruno Lucchi a partagé sa vision du monde avec le public à l’occasion de plus de 150 expositions personnelles et 300 collectives.

Modeler les matières naturelles

Ses personnages ont l’élégance des héros mythiques et la force des peuples nomades. Leurs silhouettes sont élancées et légèrement drapées, le port de tête est altier. Les visages, aux orbites vides, présentent une morphologie carrée dont se dégage un fort charisme, une sorte d’attitude d’acceptation confiante face à l’univers. Bruno Lucchi travaille les matières naturelles (glaise, bronze, porcelaine). Les surfaces sont brutes et couvertes de stries horizontales qui marquent le passage du temps, de même façon qu’une roche qui s’érode.

Mostra a Mougins, juin 2008.


Tout paraît évident à l’observateur, et sans brutalité. Hommes et femmes, menhirs et sphéroïdes, à peine sortis de son four, nous transportent en d’autres lieux et d’autres temps. Le sculpteur personnifie dans la matière, par le dialogue des volumes, les interrogations ancestrales de l’être humain.

Retrouver notre part d’éternité

Rien ne fait référence au matérialisme futile de notre époque et rien n’est abordé de façon manichéenne. Lorsque l’homme et la femme sont représentés en couple, l’individualité s’exprime tout autant que le besoin d’union qui l’accompagne. Les corps fusionnent dans le bronze ou la glaise, ne forment qu’un, tout en laissant exister les entités. Chaque pièce devient un modèle de témoignages accumulés au cours des civilisations passées, un concentré d’humanité. Notre réalité quotidienne est transcendée pour devenir une part d’éternité. Autant que sculpteur, Lucchi se fait ici philosophe, recréant le rapport immuable entre l’homme et la nature.

Refonder une mythologie

Les mythes antiques imprègnent chacune de ses créations. Il a installé un monumental Poséidon sur le Costa Magica, le dernier-né des paquebots Costa. Mais son vocabulaire recourt aussi aux menhirs, longues pierres teintées de mystères, dont la fonction était celle de repères géographiques ou de lieu de rassemblement au culte sacré. Ou aux stèles, comme celles qui ont parsemé les Alpes, lieu d’inspiration fondamental de l’artiste, au cours des millénaires passés. L’allongement de ses figures renvoie au gothique, l’hiératisme fait venir à l’esprit les grandes figures de la civilisation égyptienne. L’androgynie est un thème récurrent de son œuvre. Par l’inquiétude qu’il suscite, il pousse au questionnement de ce qu’est l’autre. L’androgyne rassemble ce qui unit hommes et femmes : il symbolise en cela la nécessité d’une évolution conjointe, l’indispensable empathie entre le principe féminin et le principe masculin.